Résumé éditeur :
Avec une famille à charge, avoir un job pour Evie Sage n'est pas seulement important, c'est vital. Aussi, lorsqu'une mésaventure avec le plus célèbre Vilain de Rennedawn se solde par une offre d'emploi, elle accepte. Aucun travail n'est parfait, bien sûr, et Evie commence à s'habituer aux têtes coupées et autres globes oculaires jonchant le sol…
Après tout, une bonne situation est difficile à trouver. Mais bientôt, elle soupçonne un sabotage. Quelqu'un veut éliminer son Vilain. Saura-t-elle découvrir le coupable tout en luttant contre un petit béguin naissant pour son terrifiant, capricieux - et incontestablement sexy - patron ?
Assistant to the villain me faisait de l’oeil depuis que je l’avais vu sur insta, mais j’avais un peu peur de sauter le pas. Déjà parce que le label Calix est assez récent, donc je ne savais pas trop à quoi m’attendre en terme de qualité. Et puis j’avais été si déçue par L’Ecole du bien et du mal qui est certes d’un tout autre genre, mais qui repose sur la revisite de contes et l’ancrage dans une perception plus moderne du monde que je voulais pas trop me lancer pour de nouveau me rendre que… meh.
Et puis j’ai découvert qu’on l’avait à la librairie, pile au moment où on était en train de réorganiser le rayon romance avec ma collègue. Et aussi pile au moment où, pour des prix littéraire, une liste de 21 ouvrages a été constituée… et doit être lue. Par mes soins.
Bref, une flemme immense, une envie de lecture pas prise de tête, pour moi ça se traduit par lire de la romance (ou des polars satiriques sur comment buter son mari ou le mari d’autres gens, ceci est un autre sujet).
Le titre m’intriguait beaucoup et le résumé m’avait interpellée aussi. Je me suis dit que j’allais tenter, et si jamais ça me plaisait pas, tant pis, j’arrêterai.
… Ouais, ouais, j’ai dévoré cette lecture en deux jours. Et j’ai lu le suivant en anglais direct après parce que j’ai absolument aucun self control. La traduction était bonne, quoique ne rendant peut-être pas totalement justice à l’effet vieillissant de la langue utilisée dans les dialogues par l’autrice. J’ai aussi été pas mal perturbée par l’utilisation tout du long de “Vilain” pour décrire le méchant, parce que je trouve justement que ce dernier terme est le plus parlant en français. Mais à part ces quelques petits points, j’ai trouvé la plume très agréable à lire. J’ai beaucoup aimé le décalage absolu entre l’univers des contes, souvent ancré dans un moyen-âge fantasmé, et la narration très moderne avec intrusions des pensées des personnages, dialogues internes et crises existentielles en règle.
La double intrigue qui s’installe m’a conquise : d’un côté, on suit Evie tenter d’être la meilleure assistante de méchanceté possible, ce qui passe par… ne pas faire une crise quand votre patron pose un cadavre encore chaud sur votre bureau et tenter, aussi, de plus ou moins reverser le royaume dans lequel vous vivez. De l’autre, on voit Evie, puis le grand Méchant, tenter assez vainement de ne pas dévorer l’autre des yeux, de ne pas penser au fait que leur collègue est vraiment méga canon, et de ne surtout pas fantasmer sur son employée/employeur.
Les personnages sont très chouettes, avec leurs forces, leurs faiblesses, et leurs cassures. Il y avait assez de descriptions tout du long pour nous donner une idée du physique d’Evie et du Vilain, et le fait qu’ils ne soient tous les deux pas blancs est un point super cool !
J’ai aussi beaucoup apprécié la place qui a été donnée aux personnages secondaires, que l’on apprend à découvrir au fur et à mesure. On sent que l’autrice a réfléchi et construit chaque protagoniste pour qu’ils aient tous une identité propre, ce qui donne beaucoup de corps au récit. De même, l’attention qui est portée à l’évolution d’Evie et du Vilain, mais également à tous les autres, rend ce premier tome intriguant et très addictif.
On s’attache aux personnages, on a envie d’en savoir plus sur eux, de continuer l’aventure (maléfique) à leurs côtés… et c’est comme ça qu’on se retrouve à lire 480 pages en deux jours en pleine semaine. Inutile de vous dire que mon cycle de sommeil a pris un petit coup…
Je pensais qu’Assistant to the vilain n’allait se concentrer “que” sur la romance entre Evie et le Vilain, mais pas du tout ! Comme évoqué plus haut, il y a également une intrigue politico-stratégico-magique. Le Vilain est un méchant, il a donc plein d’idées machiavéliques pour renverser le roi et s’installer sur le trône. Ne reste plus qu’à les exécuter. La double intrigue est bien menée et permet d’installer une tension incroyable entre Evie et le Vilain, pour un slow burn de qualité ! (Il n’y a pas assez de fanfic sur eux, ça en revanche c’est très frustrant).
Et en plus, ce bouquin est juste franchement trop drôle. Evie est mortifiée à l’idée de trouver son patron sexy et vouloir s’engager sur un projet pas du tout professionnel, surtout qu’elle devrait avoir peur, c’est un méchant mais il est troooop mimi, et le Vilain, de son côté, est absolument outré à l’idée de ressentir quoique ce soit pour le rayon de soleil chaotique qu’est son assistante machiavélique. Evie n’a pas une rivale amoureuse, mais une rivale de travail ; le dragon s’appelle Nounours. Et l’autrice distille son humour dans les meilleurs moments !
Assistant to the villain a été une très bonne découverte, une lecture plus qu’agréable, et je ne saurai que vous recommander de vous lancer dedans ! Surtout si vous aviez apprécié La société très secrète des sorcières extraordinaires… J’ai qu’une hâte, c’est de pouvoir avoir les autres tomes dans les mains !