Résumé éditeur :
Né dans une famille renommée d'intellectuels, le jeune Zeynel rencontre Ayse, une anatolienne d'un petit village qui a de grands rêves.
Alors qu'il est hésitant et pressé de suivre les exigences des autres, elle, au contraire, est sûre d'elle et sait précisément comment attendre son but.
Leur rencontre est peut-être plus que de la chance...
Vingt-cinq ans plus tard, Ayse est une femme d'affaire prospère, et Zeynel, son mari heureux.
Mais lors d'un voyage, il joue au bon samaritain et aide un mystérieux voyageur, qui va causer sa perte...
Entrainé de force dans des conséquences fâcheuses, il va devoir apprendre à se réconcilier avec sa malédiction et faire des sacrifices afin de protéger les gens qu'il aime, même si ça implique de sacrifier les choses auxquels il tient le plus.
Roman graphique exceptionnel, tant sur le fond que sur la forme, le Marchand de tapis de Constantinople est tout simplement sublime. J'ai tant de chose à dire sur le sujet et pourtant, cette lecture m'a tellement soufflée que je ne sais pas où commencer.
Ode à l'artisanat, à la passion, aux traditions, au partage, à l'amour, à la foi, Le Marchand de tapis est tout cela à la fois.
Les dessins sont absolument magnifiques, colorés, si parlants, tellement bien exécutés. J'ai beaucoup aimé le style “simple” très souvent associé à la jeunesse, qui mettait si bien en valeur les tapis qui peuplent le roman ! Roman absolument truffé de détails, des cases en forme d'arabesques, aux expressions en arabe translittéré disséminées ça et là. C'était absolument exquis, et, en tant que linguiste, je me suis régalée.
Ce premier tome retrace la vie pleine de peines, de douleurs mais aussi de joies et de rencontres de Zeynel et Ayşe.
Elle est issue d'une longue lignée de tisserands et marchands de tapis, lui d'une famille d'éminents érudits. Ayşe aime l'artisanat de sa famille, est passionné par l'art des tapis, perpétué de générations en générations ; seulement voilà, elle est très mauvaise tisserande et pire marchande encore. Pourtant, elle a un rêve, celui de montrer au monde, en commençant par Istabul, le savoir faire de sa famille. Zeynel lui est Hafiz ; il connaît le Coran par cœur, et tout le destine à devenir imam. Seulement voilà, si tout le monde le considère comme un sage, lui a conscience qu'il ne sait rien. Tout change lorsqu'il rentre dans le monde des tapis.
J'ai adoré les personnages, leur manière si particulière de se compléter, de créer ensemble un tout qui fasse sens, même si au premier abord ils semblaient être dans deux mondes totalement différents. Ayşe est très loin des clichés bien trop ancrés de ce qu'est la femme maghrébine. Zeynel fait quant à lui partie de ces trop rares personnages masculins sensibles, doux, qui prennent appui sur autrui lorsqu'ils sont dépassés.
Leur relation est touchante, profonde, vraie. Leur affection est présente dans chacune de leurs actions, se retrouve dans le moindre obstacle auquel ils doivent faire face.
Leur amour prend une part importante du récit, et pourtant, la problématique première est le vampirisme de Zeynel. Homme à la foi inébranlable, j'étais très curieuse de voir comment Reimena Yee allait conjuguer le religieux à cette affliction surnaturelle.
Et je n'ai pas été déçue ! J'ai beaucoup apprécié le parallèle qui était fait entre la foi que Zeynel porte à Allah, la foi qu'Ayşe porte en lui, et celle qu'il a pour elle. Bien que très différentes, elles n'en restent pas moins semblables dans leur force, ce qui est très émouvant.
Ce roman graphique époustouflant, tant sur le fond que sur la forme, se retrouvera, j’espère, dans de nombreuses mains.