Résumé éditeur :
1873. La neige tombe sur un château abandonné à la périphérie de Paris. Une sombre séance est sur le point de commencer, dirigée par la célèbre spirite Vaudeline d'Allaire.
Déjà les tables trépignent. Mais un courrier vient interrompre l'assemblée. On réclame la médium et détective dans la ville de Londres.
Le fondateur de la Société des Sciences Occultes vient d'y être assassiné. Comment refuser d'enquêter sur la mort de son propre mentor ?
Accompagnée par son assistante, la très sceptique Lenna, Vaudeline fait donc son retour au cercle. Là où l'au-delà et ses fantômes, vrais ou faux, menacent à chaque pas de vous entraîner à leurs suites...
J'ai une petite passion pour Halloween, doux euphémisme pour signifier que je suis complètement obsédée par cette fête au point de décorer mon appartement pour l'occasion. Durant ce mois normalement froid, sombre et pluvieux - le fait que j'écrive cette chronique avec à peine une petite laine sous un soleil radieux tend à discréditer mon propos mais passons -, j'aime me plonger dans l'ambiance avec des lectures à propos.
Séries à l'ambiance glauque, films d'horreur parodiques (je suis une flipette), il y a une petite thématique récurrente. Aussi, quand, en déballant les nouveautés pour la librairie je suis tombée sur Le Cercle Occulte des Gentlemen, avec cette couverture et ce résumé si halloweenesque, je n'ai pas pu résister.
Hop, me voilà donc plongée au XIXe siècle, en plein essor du spiritisme, à suivre l'apprentissage de Lenna auprès de la meilleure médium de sa génération, Vaudeline d'Allaire. Celle-ci s'est spécialisée dans la résolution de meurtres et autres assassinats grâce à son don ; en invoquant les victimes, elle obtient directement l'identité du meurtrier. Pratique donc pour aider la police. Sauf que voilà, elle s'est fait quelques ennemis à Londres, et est donc retournée dans son Paris natal, où elle a pu débuter la formation de son élève. Si Lenna, sceptique de première classe face au surnaturel, compose avec Vaudeline et ses fantômes, c'est parce que l'apprentie est déterminée à découvrir les circonstances qui ont mené à l'assassinat de sa petite sœur. Puisqu'aucun indice physique n'a été découvert, autant se tourner vers l'idole de sa défunte sœur et devenir son élève - eh, on gère tous le deuil à sa façon, si celle de Lenna c'est de devenir spirite et d'avoir un giga crush pour sa prof, qu'il en soit ainsi. Malgré le danger à retourner à Londres, les deux femmes prennent le ferry pour le pays des scones et du thé afin de résoudre le meurtre (encore un) d'un des plus vieux amis de Vaudeline, qui s'avère également être le président du Cercle Occulte des Gentlemen, club rassemblant les enthousiastes londoniens du surnaturel.
Et c'est là que les ennuis commencent.
Sans casser trois pattes à un canard, la narration reste fluide, claire et correctement construite. On ne s'ennuie pas mais on n'est pas non plus submerger par les informations au point de ne plus comprendre ce qu'il se passe. J'ai cependant beaucoup apprécié les indices laissés subtilement tout au long du récit pour nous faire nous questionner sur notre perception des personnages, et ce que l'on est prêt à laisser couler parce qu'un homme est... un homme. Toutes les petites "incohérences" prennent sens à mesure que l'intrigue se dévoile, ce qui a été vraiment très appréciable.
Les personnages sont très intéressants et leurs évolutions, tant dans leur personnalité que dans leurs relations, sont bien amenées et bien travaillées. J'ai beaucoup aimé l'amour naissant de Lenna envers Vaudeline, et toutes les questions que cela lui posent. Les femmes sont vraiment mises à l'honneur à travers cette histoire, tant à travers leur solidarité entre elles, que leurs désaccords, leurs émotions, leurs différences. Toute la réflexion sur le désir féminin, toujours diabolisé, est construite en parallèle avec le désir de Mr Morley pour Evie, la petite sœur de Lenna. Cette écriture en contrepoint est superbement réalisée à mon sens, en ce qu'elle met en lumière le double standard que l'on peut appliquer à cette thématique selon qu'elle soit abordée à travers un personnage féminin ou masculin.
L'intrigue pourrait peut-être être considérée comme simple par les amateurices du genre ; j'ai pour ma part été surprise par les plots twists, et j'ai aimé voir ma perception des personnages basculer au fil des chapitres !
Ce roman de Sarah Penner vous fait réellement passer un agréable moment entouré des spectres du passé, avec une attention aux détails historiques tout à fait plaisant. J'ai adoré découvrir les petites notices glissées à la fin de l'ouvrage qui permettaient de se plonger dans une rapide histoire culturelle de l'époque victorienne anglaise !
Et la bibliographie !!! LA BIBLIOGRAPHIE LES GENS. Je m'égare. Mais y'a une bibliographie à la fin fin pour prolonger les recherches si le sujet nous intéresse. Absolument incroyable.
Une lecture plaisante, une romance saphique pas piquée des hannetons, une enquête aux nombreux rebondissements et des touches d'humour par-ci par là, que dire de plus ? LA BIBLIOGRAPHIE. Yep. Voilà.