Résumé éditeur :
Mariel est une sorcière à qui les étoiles ont prédit dès sa naissance un destin fabuleux. Mais jusque-là, ses tentatives de magie se terminent généralement en catastrophes. Lorsqu’elle invoque le célèbre démon Ozroth l’Impitoyable à la place d’un paquet de farine, elle désespère. Surtout que le démon est bien décidé à rester avec elle jusqu’à ce qu’elle accepte de céder son âme. La mère de Mariel débarque chez elle et la sorcière est obligée de prétendre qu’Ozroth est son petit ami. Pour ne rien arranger, elle ne peut s’empêcher d’être de plus en plus attirée par lui…
Je ne vais pas tourner autour du pot : j’ai été terriblement déçue par cette lecture. Le concept m’a vendu du rêve : un fake dating entre une sorcière et un démon, ouais franchement, je suis là. Une cosy Fantasy, de la romance, ça me va. Mais alors quand le concept même est saccagé, je m’énerve un peu.
Déjà, on souffle fort à la liste des clichés et des tropes qui se succèdent sans aucune profondeur ni pertinence. J’ai eu l’impression que l’autrice a fait sa petite liste et a tenté de caser le plus de chose pour cocher les cases et puis voilà. J’aime un bon cliché travaillé, détourné. J’aime un bon trope approprié par l’auteur/l’autrice, qui ajoute son petit grain. Mais ici, rien du tout. Aucune profondeur, aucun grain de personnalité particulière. Aucun sel.
L’intrigue en elle-même ne casse pas trois pattes à un canard, mais bon, admettons, on n’était pas spécialement là pour cela. Néanmoins, un effort dans le travail des personnages aurait été apprécié. Les personnages sont des caricatures d’eux-mêmes, ce qui est un véritable gâchis. J’aurais totalement pu m’attacher à Mariel ou même Oz s’ils avaient eu plus de profondeur que cela. Le style narratif gomme toute tentative d’ajouter de la nuance et de la profondeur aux personnages, ne faisant qu’exagérer les traits et sans aucune subtilité. Et peut-on parler de l’objectification des corps ? Pour le coup, l’égalité des sexes est présente étant donné que Mariel et Oz se regardent comme des bonbons sur lesquels se jeter. Mais vraiment, parfois c’est beaucoup trop. Je ne veux plus jamais revoir l’expression « formes généreuses » de ma vie et si je revois l’adjectif « plantureuse » pour décrire une femme, je hurle. Et ne parlons même pas du fait qu’on parle plus souvent de l’engin d’Oz que de son visage.
Autre gros bémol selon moi : toutes les mères sont horribles dans cette histoire ? La nuance on ne connaît pas par ici ? Je trouve que cela manque cruellement de féminisme cette take que les mères influentes et puissantes sont forcément toxiques. D’autant plus que monsieur le faux petit ami (démon marchandeur d’âme je le rappelle) n’hésite pas à critiquer assez sévèrement une femme qu’il ne connaît que depuis cinq minutes. Le traitement des mères de Mariel et Calladia ne m’a vraiment pas plu du tout.
Un dernier point qui s’avère plutôt de l’interrogation perplexe plutôt que d’une critique affirmée : je n’ai pas compris le sens du titre. En quoi ce livre est un “guide” pour fake dating un démon ? Parce que je m’attendais donc à un jeu là-dessus avec des règles ou même une recette étant donné que notre protagoniste adore cuisiner. Mais rien sur la dimension guide, ce qui est fort dommage.
En conclusion, cette lecture doit être ma plus grosse déception de l’année. Je suis habituellement plutôt bon public, et le concept me plaisait vraiment bien mais le style narratif et le traitement des personnages m’a profondément déçu.